La séduction, le désir c’est ce que semble illustrer la vie de Casanova dont le manuscrit « L’histoire de ma vie », acheté très récemment pour plus de sept millions d’euros, fait l’objet d’une exposition « La passion de la liberté » à la Bibliothèque Nationale de France.
Dix scènes
L’exposition est organisée en dix scènes en référence aux dix livres qui composent « l’Histoire de ma vie ». En réalité le manuscrit comporte douze volumes, écrits en français, par ce Vénitien aux multiples visages : libertin et jouisseur, diplomate et aventurier, agent secret et homme d’affaire, joueur, voyageur allant de Londres à Constantinople, rencontrant Jean-Jacques Rousseau en France, témoignant de l’inquisition en Espagne… Mais aussi voyageur par fuite des créanciers ou des maris trompés…. Autant de visages, autant de masques et d’ombres autour de ce personnage prisonnier de son désir, de sa fuite en avant.
Pour quel témoignage?
Pourtant, comment ne pas penser délibéré ce choix de l’année 1789 pour commencer à écrire ce manuscrit alors qu’il est bibliothécaire au château de Sax en Bohême. L’année de la révolution française, l’année de la fin du siècle des Lumières pendant lequel l’Europe a été bouleversée dans ses repères politiques, scientifiques, philosophiques, économiques du fait des progrès de la science, de l’émergence de l’industrialisation et du capitalisme. Que pourrait-il vouloir dire avec tous ces masques ce Vénitien ? Que la vie n’est qu’un vaste carnaval bien que l’éducation se développe, que les sciences humaines soient enseignées, que l’humanisme est revendiqué ? Que ces masques ne sont là que pour témoigner d’un passé révolu ? Que la révolution n’est qu’un cercle qui se ferme avant d’en commencer un autre, dans un cycle infini où évolution et révolution ne font que se succéder ? Que quelque fussent les efforts de l’homme à vouloir vivre, même de la façon la plus hédoniste qui soit, il ne restera qu’une créature de Dieu ? « J’ai toujours compté sur sa Providence (…) accourant à Lui par la prière (…) et m’en trouvant toujours exaucé »… comme un dernier pied de nez pour celui qui aurait tant pêché.
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